Pêche & Aquaculture
Hausse du carburant : la pêche française sous pression
Publié le 27 août 2026
Le Moyen-Orient, ce territoire pourtant si éloigné de la France, est aujourd’hui au cœur de tumultes fragilisant les entreprises de pêche françaises. C’est ainsi que l’État a débloqué une aide de 13 millions d’euros.
Une crise internationale qui atteint les ports français
Le détroit d’Ormuz étant bloqué, les cours mondiaux du pétrole connaissent de fortes tensions. En effet, avec 20 % du pétrole consommé dans le monde qui y transite, cela en fait un passage stratégique pour toutes les puissances qui y prennent place.
Cette hausse liée au conflit touche directement les pêcheurs français, ces derniers utilisant, comme toute autre personne, du carburant et, plus spécifiquement, du gazole. Or, selon le Gouvernement, l’énergie peut représenter jusqu’à 35 % du prix de revient de certaines entreprises de pêche.
De ce fait, certaines sorties en mer coûtent davantage, notamment pour les navires les plus énergivores, comme les chalutiers, ce qui peut conduire à des campagnes insuffisamment rentables. Le risque est alors de voir des bateaux rester au port.
Toute la filière est concernée
Ces difficultés ne se limitent pas aux équipages, puisque moins de campagnes signifie une baisse des entrées de poissons pêchés sur les quais des ports.
Ainsi, les criées, les mareyeurs, les transporteurs, les poissonneries et autres entreprises de transformation peuvent être touchés. À terme, cette situation risque aussi d’avoir des conséquences sur l’offre disponible et sur le prix payé par les consommateurs.
Une aide de 13 millions d’euros
Pour soutenir les entreprises françaises de métropole et d’outre-mer, le Gouvernement a consacré 13 millions d’euros aux achats de carburant réalisés en avril et mai 2026.
L’aide représentait :
20 centimes par litre acheté en avril ;
35 centimes par litre acheté en mai.
Le dispositif était géré par l’Agence de services et de paiement. Le guichet, initialement ouvert en juin, a été prolongé jusqu’au 15 juillet 2026 afin de permettre aux entreprises de compléter leurs dossiers.
Des aides ont également été annoncées pour les consommations de juin, juillet et août. Dans sa dernière communication consacrée au dispositif, le Gouvernement indiquait toutefois que leurs montants et leurs modalités seraient précisés ultérieurement.
Une réponse d’urgence, mais pas une solution durable
Cette aide doit permettre aux navires de continuer à prendre la mer tout en évitant une déstabilisation immédiate de la filière. Elle reste néanmoins une réponse temporaire à un problème plus profond.
La pêche française demeure dépendante des carburants fossiles et donc des variations du prix du pétrole. Réduire cette vulnérabilité nécessitera de moderniser les navires, d’améliorer leur efficacité énergétique et de développer des solutions de propulsion moins polluantes.
Ces transformations demandent cependant des investissements importants. Elles doivent également tenir compte des réalités très différentes entre la petite pêche côtière, les chalutiers et les navires effectuant de longues campagnes.
La crise actuelle rappelle ainsi un double défi : préserver l’activité et les emplois aujourd’hui, tout en préparant une pêche moins dépendante du pétrole pour demain.
Frank FERDIN