Environnement & Conservation

La Méditerranée est encore en canicule marine : qu’est-ce que cela signifie ?

Publié le 27 août 2026

La chaleur ne touche pas seulement la terre. Cet été, la Méditerranée connaît à nouveau des températures exceptionnellement élevées. Un phénomène que les scientifiques appellent une « canicule marine ». Mais que se passe-t-il réellement sous l’eau ?

Anomalies de température de surface de la Méditerranée, 13 août 2026 — © Union européenne, données Copernicus Marine Service.

Fin août, plusieurs zones de la Méditerranée restent touchées par une canicule marine. Si le phénomène s’est atténué près des côtes françaises, des températures anormalement élevées persistent dans une partie du bassin, notamment autour de la Sicile.

Une canicule… sous l’eau

Une canicule marine ne signifie pas simplement que l’eau est « chaude ».

Les scientifiques parlent de canicule marine lorsque la température de la mer reste exceptionnellement élevée par rapport aux normales de la région pendant au moins cinq jours consécutifs.

Et 2026 a commencé fort : en juin, la température moyenne de surface de la Méditerranée a atteint 24,07 °C, faisant de ce mois de juin le plus chaud enregistré dans les données utilisées par Mercator Ocean. Près de 95 % du bassin présentait alors des températures supérieures à la normale.

Pourquoi quelques degrés changent-ils autant de choses ?

Pour un baigneur, une mer plus chaude peut sembler agréable. Pour les organismes marins, quelques degrés supplémentaires pendant plusieurs jours peuvent au contraire devenir difficiles à supporter.

Les espèces capables de se déplacer peuvent chercher des eaux plus fraîches. Mais ce n’est pas le cas des organismes fixés au fond, comme certaines éponges, algues ou plantes marines.

Les fortes chaleurs peuvent également réduire la quantité d’oxygène dissous dans l’eau et provoquer des mortalités chez certaines espèces.

Les herbiers de posidonie sont particulièrement importants en Méditerranée : ils servent de refuge et de nurserie à de nombreuses espèces, participent à l’oxygénation de l’eau et stockent du carbone.

Un phénomène désormais surveillé de près

Grâce aux satellites, aux bouées et aux modèles océanographiques, les scientifiques peuvent aujourd’hui suivre presque quotidiennement l’évolution de ces vagues de chaleur.

La température de la mer devient ainsi un véritable indicateur de santé de l’océan. Et lorsque la canicule disparaît en surface, ses conséquences sur les écosystèmes peuvent, elles, durer beaucoup plus longtemps.

Frank FERDIN

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